Scoumoune

Publié le par cousinhub

scoumoune
(nom féminin)
[familier] Malchance.
Définition lapidaire, que je vais tenter de compléter par un cas concret.

En août 1995, à l'occasion de mes congés, j'ai le coup de foudre pour les gorges du Verdon en les visitant par le sentier Martel. Six ans plus tard, c'est mon fils, alors âgé de 11 ans qui attrape le virus, lorsque je l'emmène sur une partie du sentier. Il me fait promettre d'y revenir.

En avril 2005 nous retournons vers la région. Départ un jeudi soir de l'est de la France avec un temps pluvieux et frais. A Lyon, le thermomètre est à 4 degrés. Plutôt que de passer par le col de la Croix-Haute, dans l'Isère, j'opte pour la prudence en empruntant l'A7. En fin de nuit  nous passons à la hauteur de Valence, le thermomètre surnage à un minuscule petit degré au-dessus de zéro. Nous entrons en Haute-Provence sous les giboulées de neige fondante. Moustiers-Sainte-Marie nous accueille recouverte d'une couche de cinq centimètres de neige.
A travers le brouillard j'entrevois des 4x4 qui se dirigent vers les gorges, distantes d'environ vingt kilomètres, et je réalise que je ne suis absolument pas équipé pour rouler dans ces conditions météorologiques sur la route sinueuse qui mène aux gorges et qui passe par un col dépassant les mille mètres.
Je décide de retourner à Riez et y passe la nuit dans un petit hôtel sympa. Son directeur m'apprend le lendemain que j'ai bien fait de renoncer à me rendre dans la région des gorges qui essuye une tempête. Il me déconseille aussi la Croix-Haute, envahie par la neige. La mort dans l'âme, nous décidons de retourner chez nous. Le ski à la place de la rando, non merci.
Les conditions de circulation sont excécrables : neige sur l'A7 avec zéro degré et plaques de verglas à la hauteur de Montélimar où nous croisons des chasse-neige, nombreuses innondations en Franche-Comté.

Juin 2006 : nous n'avons pas renoncé à notre rando dans le Verdon. Nous voici donc arrivés à l'hôtel, tellement contents que cette fois, aucunes intempéries n'aient contrarié nos plans.
Après une excellente nuit de sommeil, nous nous élançons sur le Roubinou, un beau sentier situé non loin de La Palud. Le paysage est grandiose et nous ne manquons pas de prendre de nombreuses photos. Nous nous arrêtons quelques minutes après plus de deux heures de marche pour reprendre notre souffle et nous désaltérer. Le temps pour moi de faire deux pas vers un point de vue... et de me faire une énorme entorse. Je jure, je peste, je ne veux pas y croire, mon fils me regarde, incrédule, grimaçant de douleur. Impossible d'appeler des secours, n cet endroit reculé le portable ne capte pas de réseau. Nous retournons donc sur nos pas et revenons à l'hôtel après trois pénibles heures de marche. Je mets ma cheville sous glace pendant tout l'après-midi, espérant en une miraculeuse guérison qui bien sûr, ne ne produira pas.
Le lendemain nous repartons chez nous.
Je passerai le reste de ma semaine à soigner cette maudite entorse. La scoumoune, je disais...

Je n'ai toujours pas décidé si je tenterai ma ...baraka une troisième fois.
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